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LE MAROC ET LA COP 22

September 20, 2016

 

Après la France 21, que nous réserve le Maroc avec la COP 22 ?

 

La France vit des moments tragiques depuis presque deux ans à cause des attaques terroristes qui n’ont épargné personne. Cette logique de la terreur a secoué toute l’Europe, et cela s’est manifesté dans les réseaux sociaux que rapidement ont été submergés d’une marée bleue, blanche et rouge, marquant leur solidarité avec les victimes du terrorisme et, spécialement, celles du vendredi noir du 13 novembre 2015.

 

Mais la France voulait se relever et donner l’exemple de courage et d’espoir aux autres peuples européens. C’est ainsi que deux semaines plus tard de l’attentat au Bataclan, aux bleu-blanc-rouge qui tapissaient les murs des villes françaises, s’est ajoutée la couleur verte de l’espoir, lorsque les nations des cinq continents se sont réunies à Paris pour célébrer une conférence internationale sur le changement climatique et sur la nécessité de prendre des mesures d’urgence pour sauver la planète : la COP 21.

 

Que nous réservait la COP 21 ?

 

Cette conférence internationale, célébrée dans un moment si critique, a eu le mérite de nous aider à prendre conscience de l’erreur que suppose le maintien de l’actuel modèle socio-productif, modèle qui ne fait qu’amplifier les écarts de niveau de vie, de culture, d’éducation et de santé de la population, tout en détériorant l’environnement de tous pour favoriser la richesse de quelques-uns. Le terrorisme se nourrie en partie de cette situation, et cette prise de conscience a déclenché une envie subite d’action qui prépare les gouvernements nationaux ainsi que les organisations internationales pour agir ensemble dans la recherche du bien commun et dans la sauvegarde de la planète. Une première phase dans le chemin vers la convergence des idéaux politiques et écologiques.

 

Quels sont les enjeux ?

 

Nous constatons les conséquences de la montée des températures : le dégel des Pôles, la montée du niveau de la mer et donc la probable inondation des zones côtières où se concentre 60% de la population mondiale.

 

Enfin, nous constatons aussi la désertification de nombreuses zones du globe, provoquée par la déforestation qui réclame l’agriculture intensive, souvent accompagnée de l’application de méthodes qui finissent par asphyxier le manteau terrestre.

 

Si à tout ce que nous venons d’expliquer, nous ajoutons l’exploitation abusive des énergies fossiles, c’est évident que l’augmentation du CO2 dans nôtre atmosphère ne pourra pas être absorbée par des forêts en pleine disparition. Le futur de nos enfants n’est plus assuré. Autrement dit, de l’espèce humaine.

 

Quelles sont les propositions ?

 

Il est clair que l’action individuelle ne suffira pas pour sauver notre planète, il faut donc agir ensemble mais, pour y réussir, nous devons nous poser une première question : avons-nous les structures décisionnaires adéquates ?

 

La question n’est pas anodine, car dans la plus grande et reconnue organisation mondiale : l’O.N.U., on constate que sur les 193 pays membres, il y a seulement 5 (EEUU, UK, France, RUSSIE, CHINE) qui ont, individuellement, le droit de veto sur n’importe quelle résolution affectant à la planète toute entière, et – précisément – ce sont eux les plus grandes pollueurs de la planète, exception faite, peut-être, de la France.

 

Cette situation, dans le moment présent, est absurde car là où un pays peut freiner les résolutions des 192 restants se pose un grave problème de légitimité et même d’obsolescence de l’institution quant à sa prétendue influence globale.

 

Y aurait-il une nouvelle philosophie à appliquer dans les prises de décisions des organisations internationales telles que l’ONU ? 

 

A mon avis, contrairement à ce dont la politique internationale des grandes nations prône, il faudrait que les processus de décisions tiennent compte de la régionalisation de certaines zones qui, organisées et légitimées, deviendraient des membres permanents de l’ONU. Ainsi, par exemple, les pays de l’Amérique du Sud unis, auraient une seule voix en tant que représentant permanent, c’est-à-dire, avec le droit de veto, équivalent à celui des Etats Unis de l’Amérique du Nord. Cela renforcerait les liens de ces pays à travers une organisation légitimement constituée, comme par exemple UNASUR, qui aurait réellement la force de défendre leur propre biosystème et compréhension de l’existence. Le même principe pourrait s’appliquer à l’Afrique et à l’Europe.

 

Rappelons que pendant la COP 21, Rafael CORREA, Président d’Equateur, proposait une charte des droits de la Nature, la gratuité de l’accès aux biens de la nature et la mise en place d’une Cour Internationale de Justice contre les crimes contre la nature, proposition qui pourrait devenir une réalité avec force exécutoire, dans le cadre de la réorganisation régionale du droit de vote et du droit de veto onusienne que nous défendons.

 

L’acceptation, pendant la COP 22, de cette proposition de Monsieur CORREA créerait un précédent juridique qui faciliterait la réflexion et la mise en place urgente de la régionalisation du vote dans les organisations internationales comme par exemple, dans l’ONU. Cette optique aurait pu changer la destinée de Cuba depuis longtemps et mettre fin aux éternels conflits africains et du proche orient.

 

A la première phase de convergence politique et écologique, acquise pendant la COP 21, nous pourrions ajouter une deuxième phase qui marque les négociations de la COP 22 à célébrer au Maroc : La réorganisation structurelle et régionale du vote et du droit de veto au Conseil de Sécurité de l’ONU.

 

Avec cette proposition intégrée et acquise dans les procédures et résolutions de l’ONU, l’espoir de sauver notre planète prendrait forme et le Royaume du Maroc, serait inscrit avec des lettres d’or dans les annales de l’histoire.

 

José Francisco Rodríguez Queiruga

 

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